Texte : Alexandre Metzger - 2 novembre 2020

Jamie Lee Curtis

Body and soul

Fille de Tony Curtis et de Janet Leigh, on peut dire que Jamie Lee Curtis a peut-être eu moins de mal que certains autres acteurs à faire son trou au cinéma. Elle passe tout de même par la petite porte de la télévision via Columbo, mais surtout Opération Jupons, une série navale comique de 1977 (inspirée du film éponyme de 1959 de Blake Edwards dans lequel jouait… Tony Curtis) ! C’est là qu’un jeune réalisateur la repère, un certain John Carpenter…

Premiers cris

Laurie Strode, c’est LE personnage qui dévoile le talent, le physique et le tempérament de la jeune Jamie Lee Curtis. LE personnage par lequel tout fantasticophile digne de ce nom la découvre en 1978 dans Halloween de John Carpenter. C’est généralement le film que tout le monde voit en premier d’elle et qui nous en fait tomber amoureux, ou pas d’ailleurs. Car Laurie Strode est loin de ressembler à la reine de beauté du bal de fin d’année, elle s’habille de manière plutôt convenue (le col roulé en octobre en même temps, c’est normal), et est peu encline à faire la fête. Mais son visage a quelque chose de particulier, des traits parfaits qui dessinent une beauté froide, avec un soupçon androgyne qui n’est pas pour déplaire et qui marque au fer rouge plus d’un garçon. Le succès fulgurant de ce film indépendant la propulse au rang de nouvelle scream queen et, se prenant au jeu, elle enchaîne plusieurs films estampillés horreur…

Chrysalide

Dans Le Monstre du Train, Jamie Lee Curtis échappe plusieurs fois à la mort et nous gratifie de quelques cris très impressionnants ! Avec Le Bal de l’Horreur, elle montre de véritables qualités de danseuse et s’autorise tout doucement à déboutonner son chemisier et exhiber un peu de dentelle. A 20 ans passés, son physique lui permet sans problème de continuer à jouer les lycéennes, mais semble peu encline à user de ses charmes outre mesure. C’est ce qui s’appelle créer le fantasme ou… la frustration c’est selon.
Après Fog, Road Games, puis Halloween II en 1981, elle décide de varier ses choix de films afin de ne pas être définitivement étiquetée et choisit de se frotter à la comédie ou au drame. Au fil des films, on peut constater que ses cheveux raccourcissent toujours un peu plus et qu’elle se dirige vers une coupe garçonne qui sera loin de lui enlever sa féminité, bien au contraire ! Avec la romance Love Letters (pas très “Scream” comme film), elle se montre moins farouche et n’hésite pas à se dénuder pour le plus grand plaisir de ses fans. Dans Perfect, elle fait transpirer John Travolta dans son rôle de prof d’aérobic, discipline très à la mode en 1985, et dévoile des atouts plastiques… proche de la perfection. Les sourires ravageurs remplacent les cris des débuts, mais quelle présence à l’écran ! La chenille aux cheveux courts est devenue magnifique papillon. Le surnom de The Body lui va à merveille…

Rendez-vous avec super Jamie

Si ses apparitions au cinéma se font parfois discrètes à travers des films qui sont loin d’être inoubliables et pas vraiment des succès, Jamie Lee Curtis parvient régulièrement à marquer les esprits dans des rôles parfois inattendus où elle use à la perfection de ses charmes, à travers un talent de comédie indéniable. Dans Un poisson nommé Wanda, la vamp côtoie deux anciens Monty Python et Kevin Kline pour une comédie qui cartonne en 1988 (12e au box-office de l’année aux USA!). En 1994, Cameron en fait la femme de Schwarzy dans True Lies (3e au box-office!). Loin d’être un bon film, on lui pardonne amplement cette série B d’enfant gâté pour nous avoir gratifié de ce magnifique cadeau : un strip-tease et une danse lascive de haut vol de la belle Jamie qui approche la quarantaine en grande forme. Grâce à ces succès populaires, même si elle n’est pas une habituée des tabloïds et semble privilégier la tranquillité, loin des strass et paillettes, elle parvient à la fois à rester dans le cœur des fans de la première heure et à conquérir un nouveau public plus jeune à plusieurs occasions.

Halloween for ever

Si elle développe depuis la fin des années 80 une carrière en parallèle dans des séries télé (dont, il faut le souligner, la bien nommée Scream Queens), Halloween 20 ans après débarque en 1998 sans crier gare ! C’est un nouveau rendez-vous pour Jamie Lee Curtis avec Michael Myers qui sera, sans qu’on le sache à ce moment-là, loin d’être le dernier. A noter que sa mère Janet Leigh y joue l’un de ses derniers rôles. Laurie Strode serait-elle aussi éternelle que son frère croquemitaine ? En tout cas dans le cœur des fans, c’est sûr et certain. Alors qu’Halloween Resurrection joue en 2002 la carte de la réal TV pour un film plutôt anecdotique qui aurait pu signifier la fin de la saga, David Gordon Green semble vouloir la ressusciter sans l’ombre d’un doute ! Halloween en 2018, où Laurie Strode arbore une tignasse plus longue et plus épaisse que dans sa prime jeunesse, signe le début d’une trilogie : Halloween Kills sera sur nos écrans en octobre 2021 et Halloween Ends est déjà annoncé comme une fin sensationnelle par Jamie elle-même ! Si elle le dit !
Ces énièmes Fêtes des Morts pourraient être interprétées comme un aveu de la part de Jamie Lee Curtis de n’être cantonnée qu’à un seul rôle. Entre-temps, A couteaux tirés montrait une fois n’est pas coutume qu’elle avait encore de belles cartes à jouer. Si Linnea Quigley est communément désignée Queen des Scream Queens, nul doute que Jamie conserve son statut de Reine de Cœur pour de nombreux fans, et avouons-le, elle reste à 60 ans passés une femme magnifique à réveiller un mort, resplendissante et toujours bourrée d’humour.